Camping en zone inondable : transformer une contrainte réglementaire en opportunité économique
Le 19 janvier 2026, un webinaire stratégique a réuni David Paquet, fondateur du Cabinet Alliances, et Gwénaëlle Carfantan, dirigeante d’UrbanThinkPlatform.
Objectif : aider les gestionnaires de campings situés en zone inondable à structurer un projet viable, conciliant exigences réglementaires, sécurité des personnes et pérennité économique.
Cet article propose une synthèse fidèle et opérationnelle des enseignements du webinaire, avec un accès direct au replay vidéo en fin de lecture.
Un contexte fragile pour l’hôtellerie de plein air
En vingt ans, plus de 1 350 campings ont disparu en France. Ce recul s’explique rarement par un facteur unique. Il résulte le plus souvent d’un cumul de fragilités : offre vieillissante, difficultés économiques, pression réglementaire accrue et manque de marges de manœuvre pour faire évoluer les sites.
Les campings exposés aux risques d’inondation cristallisent ces difficultés. Beaucoup d’exploitants se retrouvent face à une impasse apparente : comment investir, moderniser et sécuriser son activité lorsque le foncier est contraint par un PPRi ?
Le message central du webinaire est clair : un camping en zone inondable n’est pas condamné. À condition de changer de posture et de passer d’une logique défensive à une logique de projet argumenté..
Pourquoi ce webinaire est déterminant pour les gestionnaires concernés
Être situé en zone inondable implique aujourd’hui bien plus qu’un simple respect réglementaire. Cela suppose de repenser l’ensemble du modèle d’exploitation.
Un gestionnaire doit notamment être capable de :
démontrer qu’il comprend précisément les risques auxquels son site est exposé,
adapter son offre d’hébergements aux contraintes de démontabilité et de délais d’évacuation,
sécuriser ses process opérationnels (anticipation, alerte, démontage, évacuation),
dialoguer avec les services de l’État sur la base d’éléments factuels et chiffrés,
présenter un projet économiquement crédible, garant de la pérennité du site.
Le webinaire apporte une méthode structurée, des outils d’aide à la décision et des retours d’expérience concrets pour franchir ces étapes.
Deux expertises complémentaires pour une vision réaliste
David Paquet – Cabinet Alliances
Consultant et coach en ingénierie touristique depuis plus de 25 ans, David Paquet accompagne les acteurs de l’Hôtellerie de Plein Air sur l’ensemble du cycle de vie de leurs projets : création, repositionnement, relance et optimisation économique. Son approche est résolument orientée modèle économique, attractivité de l’offre et faisabilité opérationnelle.
Gwénaëlle Carfantan – UrbanThinkPlatform
Spécialiste de l’évaluation des risques environnementaux et de l’adaptation climatique des sites touristiques, Gwénaëlle Carfantan apporte une lecture technique et stratégique des contraintes réglementaires. Son travail consiste à transformer des données complexes (risques, vulnérabilité, scénarios) en outils concrets d’aide à la décision, au service des exploitants et des autorités.
Zones inondables : ce que dit réellement la réglementation
L’un des apports majeurs du webinaire est de clarifier les marges de manœuvre existantes, souvent mal comprises par les gestionnaires.
Les possibilités présentées concernent les campings situés en bord de cours d’eau bénéficiant d’un délai de prévenance supérieur à 24 heures, ce qui représente la majorité des situations en France.
La réglementation interdit clairement certaines implantations, notamment les hébergements légers de loisirs en zone d’aléa fort ou les structures fixes non déplaçables.
En revanche, elle autorise — sous conditions strictes définies par le PPRi — des solutions adaptées : hébergements démontables, résidences mobiles de loisirs, lodges, tentes, tiny houses sur roues ou cabanes démontables.
Le point clé n’est donc pas uniquement le type d’hébergement, mais la capacité démontrée du gestionnaire à anticiper et à évacuer. Cela passe par :
une veille active (ex. Vigicrues),
des scénarios d’alerte formalisés,
une organisation capable de démonter les équipements dans un délai inférieur à 24 heures.
Un élément de bon sens est également rappelé : les périodes de risque hydrologique sont souvent peu compatibles avec les périodes de forte activité touristique, sans jamais dispenser de se tenir prêt.
Cas concret : d’un camping menacé à un projet économiquement viable
Le webinaire s’appuie sur un cas réel, analysé étape par étape.
L’approche débute par une analyse fine du risque inondation : périodes concernées, amplitudes, zones du camping impactées et retour sur les crues exceptionnelles survenues en période d’exploitation.
Sur cette base, une stratégie d’adaptation est construite :
implantation des hébergements dans les zones les moins exposées,
sélection de locatifs démontables cohérents avec le positionnement du camping,
évaluation précise du temps de démontage par type de locatif,
calcul des besoins humains et matériels pour démonter l’ensemble du site en 7 à 12 heures.
Ces éléments deviennent ensuite des arguments centraux de négociation avec les services de l’État. Le dialogue ne repose plus sur des intentions, mais sur la capacité réelle du gestionnaire à mobiliser des moyens, tout en garantissant la sécurité des personnes et la viabilité économique du site.
Objectif économique
Selon les choix stratégiques retenus, cette approche permet d’envisager une augmentation du chiffre d’affaires comprise entre 50 % et 200 %, et d’atteindre ou de dépasser le seuil de rentabilité sur le long terme.
Ce que les gestionnaires peuvent mettre en œuvre concrètement
À l’issue du webinaire, une feuille de route claire se dessine. Elle repose sur quelques piliers essentiels :
analyser précisément les risques et contraintes spécifiques de son site,
construire un projet défendable et documenté auprès des autorités,
choisir les hébergements adaptés aux délais d’évacuation réels,
définir un plan d’exploitation saisonnier cohérent avec les périodes de risque,
structurer un dossier de négociation solide et crédible,
sécuriser durablement le modèle économique du camping.







